Le rôle du geste créatif dans la régulation émotionnelle
Lorsque l’émotion devient trop intense, il devient difficile de retrouver un apaisement uniquement par la réflexion.
Le cerveau émotionnel, le système limbique, peut rester fortement activé, même lorsque l’on comprend intellectuellement ce qui se passe.
C’est à ce moment-là que le corps devient un allié précieux.
Les activités créatives offrent un soutien particulièrement efficace, car elles mobilisent simultanément l’attention, le geste et la répétition.
Ce trio active progressivement le système nerveux parasympathique, le système responsable de l’apaisement.
Selon plusieurs travaux en neurosciences, ces activités favorisent la diminution du cortisol, l’hormone du stress, et soutiennent un retour progressif à un état de sécurité intérieure.
Des gestes simples et rythmés – enfiler des perles, tracer des lignes, coudre, broder, colorier – permettent de diminuer l’activation du stress, de ralentir les ruminations mentales et de faire baisser le niveau d’alerte du corps.
Peu à peu, le cerveau entre dans un état de concentration calme, proche de celui observé dans certaines pratiques de méditation.
Cet état, souvent appelé « flow », correspond à une immersion complète et à une diminution de l’activité mentale parasite.
Dans cet état, il devient plus facile de réduire la tension émotionnelle, de prendre du recul et de retrouver une régulation plus stable.
Par ailleurs, transformer une émotion en geste concret permet de la rendre moins diffuse, moins envahissante.
Ce passage par la matière aide le cerveau à intégrer progressivement ce qui était jusque-là difficile à contenir.
Créer ne supprime pas l’émotion,
mais offre une autre manière de la traverser.
Le geste devient alors un support simple et accessible,
pour revenir à un état plus calme et plus stable.
Nicole Pierret
Spécialiste en psychotraumatologie
Créatrice de ressources en régulation émotionnelle