Pourquoi certaines familles protègent l’agresseur ?

Dans certaines situations de violence ou d’abus au sein d’une famille, un phénomène particulièrement douloureux peut se produire :
au lieu de soutenir la victime, le système familial peut protéger, minimiser ou même nier les actes de l’agresseur.

Pour la personne qui a subi les violences, cette attitude est souvent incompréhensible et profondément blessante.
Pourtant, elle s’explique par des mécanismes psychologiques et familiaux puissants, le plus souvent inconscients.

 

Le déni collectif

Le déni est l’un des mécanismes de protection les plus puissants.

Reconnaître qu’un membre de la famille a commis des actes de violence peut ébranler l’image même de la famille.


Pour préserver cet équilibre fragile, certains proches préfèrent nier, minimiser ou détourner la réalité, même lorsque les faits sont évidents.

 

La peur de briser l’équilibre familial

Beaucoup de familles placent l’« harmonie » au-dessus de tout.

Admettre l’existence d’un abus risque d’entraîner des conflits, des ruptures ou un éclatement du système familial.


Par peur de ces conséquences, certains membres choisissent inconsciemment le silence ou la protection de l’agresseur plutôt que de soutenir la victime.

La peur du scandale et du regard extérieur

Certaines familles craignent par-dessus tout le jugement des autres.

 

Reconnaître un abus peut être vécu comme une atteinte à la réputation familiale.
Dans ce cas, la priorité devient parfois de protéger l’image extérieure plutôt que d’écouter et de reconnaître la souffrance de la victime.

 

Les loyautés familiales invisibles

Il existe dans les familles des loyautés inconscientes très fortes.

Certains membres peuvent se sentir obligés de défendre un parent, un conjoint ou une figure influente, même lorsque les faits sont graves.


Ces loyautés rendent souvent très difficile la reconnaissance de la vérité et de la souffrance de la victime.

 

L’incapacité à imaginer l’impensable

Pour certains proches, il est psychologiquement insupportable d’accepter qu’une personne qu’ils aiment ou qu’ils connaissent depuis toujours ait pu commettre de tels actes.

L’esprit se protège alors en se disant :
« ce n’est pas possible »
« il doit y avoir une erreur »
« tu as dû mal comprendre »

Comprendre sans excuser

Comprendre ces mécanismes ne signifie pas les excuser ni minimiser la violence subie.

Cela permet simplement de nommer ce qui se joue dans certains systèmes familiaux :
une tentative inconsciente de préserver l’équilibre du groupe,
parfois au prix du silence et de la souffrance de la victime.

 

Mettre des mots sur ces dynamiques peut aider certaines personnes à :
• prendre du recul
• déposer une part de culpabilité ou de confusion
• avancer sur leur chemin de reconstruction

avec plus de clarté et de compassion envers elles-mêmes.

 

Nicole Pierret
Spécialiste en psychotraumatologie
Créatrice de programmes digitaux d’alchimie intérieure