L’EFT et son impact cognitif : comprendre et utiliser la méthode
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L’EFT, ou Emotional Freedom Techniques, est une méthode de régulation émotionnelle simple et puissante.
Elle combine la verbalisation d’un problème avec la stimulation douce de points d’acupuncture situés sur les méridiens énergétiques du corps, par de légers tapotements du bout des doigts (le “tapping”).
Développée dans les années 1990 par Gary Craig, l’EFT s’inscrit dans le champ de la psychologie énergétique. Elle repose sur l’idée que les émotions perturbatrices sont souvent liées à des déséquilibres dans le système de réponse au stress et dans la mémoire émotionnelle.
Comment fonctionne l’EFT ?
Concrètement, la méthode consiste à se connecter à une émotion, un souvenir ou une sensation désagréable, tout en tapotant une série de points spécifiques sur le visage et le haut du corps.
Cette double attention — émotionnelle et corporelle — permet progressivement d’apaiser la charge associée au ressenti.
L’impact sur le cerveau
Les recherches en neurosciences suggèrent que la stimulation de ces points peut réduire rapidement l’activation de l’amygdale, une zone du cerveau impliquée dans la détection du danger et la réponse au stress.
Lorsque l’amygdale est activée, le cerveau passe en mode survie : les réactions deviennent automatiques, intenses et peu nuancées.
Dans ce contexte, le cortex préfrontal — impliqué dans la réflexion, la prise de recul et la régulation émotionnelle — est temporairement moins accessible.
L’EFT agit précisément à ce niveau : en apaisant le système nerveux, elle favorise un retour à un état de sécurité intérieure, permettant au cerveau de retraiter l’information de manière plus stable et plus claire.
L’impact cognitif de l’EFT
Lorsque l’intensité émotionnelle diminue, la perception de la situation change.
Les pensées envahissantes s’apaisent, les réactions automatiques perdent en intensité, et de nouvelles interprétations deviennent possibles.
Ce processus s’appuie sur la neuroplasticité : en travaillant sur la mémoire émotionnelle, l’EFT contribue à affaiblir certains circuits neuronaux associés à la peur, à la honte ou à la culpabilité, tout en renforçant ceux liés à la sécurité, à la clarté et à la confiance.
La mémoire traumatique : un souvenir figé dans le corps
La mémoire traumatique fonctionne différemment d’un souvenir classique.
Lorsqu’un événement dépasse les capacités d’intégration du cerveau (violence, accident, maltraitance…), l’hippocampe — impliqué dans la contextualisation du vécu — peut se désengager.
Le souvenir reste alors “figé” sous forme sensorielle et émotionnelle dans les circuits liés à la survie :
images, sensations corporelles, odeurs, peur intense…
Il ne s’inscrit pas dans une chronologie claire et peut resurgir des années plus tard sous forme de flashbacks, cauchemars ou réactions corporelles disproportionnées, comme si le danger était encore présent.
Un outil précieux dans l’accompagnement des traumatismes
Dans le cadre des blessures émotionnelles ou des traumatismes, l’EFT permet d’agir directement sur la charge émotionnelle associée aux souvenirs.
En diminuant cette intensité, elle aide la personne à se réapproprier progressivement son vécu et à transformer sa relation au passé.
Une approche globale de la transformation intérieure
L’EFT ne se limite pas à un simple apaisement du stress.
Elle propose une approche globale, à la croisée du corps, des émotions et du mental, favorisant une transformation intérieure progressive.
Chaque séance peut alors devenir un espace d’intégration :
un geste simple qui permet de transformer la charge du passé en plus de clarté et de présence dans le moment actuel.
Nicole Pierret
Spécialiste en psychotraumatologie
Créatrice de programmes digitaux d’alchimie intérieure